Un exemple de design thinking : le plan du métro de Londres

Design thinking avant l'heure “Une carte n’est pas le territoire” a dit Alfred Korzybski

 

Voilà le plan du métro de Londres en 1908. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’est pas très lisible et utilisable par les voyageurs.

En quoi un plan de métro peut-il être un cas d’école pour le Design thinking ?

C’est simple :

Un plan, quel qu’il soit, a pour fonction d’aider les utilisateurs perdus à s’orienter. On le voit le plan de 1908 ne répondait pas à cet objectif. Cette situation a conduit à une demande de modification de ce plan.

Vers un plan plus lisible

En 1909,Franck Pick, directeur commercial du métro de Londres, devient responsable de la signalétique et du graphisme. Il sollicite dans le cadre de ses fonctions des graphistes comme Edward Johnston et Edward McKnight Kauffer [EN].

L’objectif poursuivi ? Renouveler l’identité graphique du métro londonien pour clarifier les choses pour les passagers qui sont un peu perdus. Un premier plan du métro sans détail géographique nait en 1920. C’est un progrès par rapport au passé mais ce plan reste peu utilisable : les graphistes ont gardé la position géographique réelle des stations.

Un plan standardisé

Un plan standardiséEn 1931, Harry Beck, propose lui un plan de métro de Londres standardisé. Harry Beck qui est dessinateur industriel de formation s’est inspiré des circuits électriques qu’il était chargé de dessiner.

Son idée est révolutionnaire :  montrer les relations spatiales entre deux stations plutôt que la distance qui les sépare. Cette représentation permet une grande facilité de lecture.

Le besoin du client, trouver son chemin, est mis au centre de la réflexion du concepteur : la clarté de l’information est primordiale pour le client. La position réelle des stations de métro est une question secondaire.

La Tamise, stylisée sur le plan, lui confère aussi assure une identité londonienne.

Harry Beck a appliqué les principes du Design thinking avant l’heure et probablement sans le savoir :

  1. l’empathie a été mise en avant. Le passager, est placé au centre et non plus la réalité géographique.
  2. la définition du problème : rendre le plan intelligible au plus grand nombre ;
  3. La génération d’idées. Le parallèle avec les circuits électriques ne va pas de lui-même : c’est une idée .
  4. Nous n’avons malheureusement pas les prototypes ;
  5. Nous n’avons pas davantage les résultats résultats des premiers tests mais on doit reconnaître que ce plan est exemplaire du point de vue de sa praticité.

L’objectif des dirigeants du métro est rempli : le plan de 1931 permet aux passagers de se repérer facilement. Ce plan est tellement bon dans ses principes qu’il est toujours utilisé par la ville de Londres.

Un plan modèle du point de vue du design thinking

Plans issus du Design thinkingDevenu indispensable dans le cadre d’un déplacement en métro à Londres, ce plan est un modèle pour tous les modes de transport du monde.

Saurez-vous trouvez les villes dont les plans de transports figurent sur la photo ?

Ce plan est considéré aujourd’hui comme une grande réussite du design moderniste, même si son concepteur Harry Beck n’a jamais été designer au sens où on l’entend aujourd’hui.

Ce plan a inspiré Simon Patterson pour son œuvre, The Great Bear [EN]. Cette lithographie reprend le tracé du métro de Londres mais les noms des stations sont remplacés par ceux de scientifiques, de saints, de philosophes, de comédiens, d’explorateurs et de footballeurs. Il existe une cinquantaine d’éditions de cette lithographie.

Cette œuvre est visible à la Tate Gallery à Londres.

Enfin, le site Time Out London pose la question de la lisibilité de la version 2015 du plan et l’oppose à une autre version proposée en ligne.

Et vous, avez-vous d’autres exemples de Design thinking emblématiques ?

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